#20 Elisabeth Badinter, « L’amour en plus »

{English version below}

Note : 5 sur 5.

A quelques jours de la Saint-Valentin, l’amour est à l’honneur. Il est un type d’amour que l’on ne remet jamais en doute tant il nous semble aller de soi, l’amour maternelle. Pourtant, lorsque l’on se penche sur l’histoire de nos sociétés modernes, nous observons plus un construit social. Aujourd’hui, je vous présente « L’amour en plus » d’Elisabeth Badinter.

Lorsqu’on adresse ce livre, on ne le prend pas en main commune comme n’importe lequel. Encore une fois, nous sommes face à un travail scientifique de recherche. En tant que philosophe, Elisabeth Badinter s’est posée la question du caractère instinctif de ce fameux instinct maternel. Pour ce faire, elle a consulté des sources historiques. Néanmoins, n’étant pas historienne, comme elle l’explique dans la préface, elle ne connaissait pas toutes les subtilités des différentes époques.

Lorsque l’on connaît la limite de ce livre, il reste très intéressant concernant la connaissance des mœurs passés, mais également, pour notre propre réflexion sur la définition de la mère et de la femme. Le livre questionne les liens familiaux aux XVII, XVIII, XIX et XXème siècle des sociétés européennes occidentales. Elisabeth Badinter nous propose cette chronologie, de l’enfant qui était mal vu de ses parents, en passant par les précieuses (groupes de femmes cultivées au temps des Lumières) qui préféraient apprendre que s’occuper de leur descendance, à la remise au centre de la famille de la mère jusqu’à nos jours où l’on tente de remettre l’homme au centre du foyer, à égalité avec la femme.

 C’est en vertu de cette « bonne nature » qu’on émet le syllogisme suivant : puisque l’espèce se survit et que l’amour maternel est nécessaire à cette survie, l’amour maternel existe nécessairement. 

Elisabeth Badinter, « L’amour en plus »

Ce que je trouve frappant dans cette citation est le fait, qu’alors il manquait d’effectifs au niveau de la population pour partir en guerre (ainsi que la peur des précieuses), on se rendit compte que la plupart des enfants mourraient à cause d’une mauvaise hygiène de vie auprès des nourrices. On incita donc les femmes à garder leurs enfants et à les élever, les empêchant de se cultiver. Pour ce faire, notamment les médecins, on glorifiait l’image de la bonne mère qui devint peu à peu un attribut féminin. Des tensions ont commencé à exister entre celles qui se disaient bonnes mères et les autres (celles qui ne voulaient pas d’enfants ou avaient d’autres objectifs de vie).

Il est drôle, au XXIème siècle, de se rendre compte que beaucoup d’hommes et de femmes pensent encore de cette façon. Je ne compte plus le nombre de fois où des amies me racontent que la société leur met la pression pour avoir des enfants sous couvert de « c’est la plus belle chose au monde » ; comme si c’était l’objectif de vie premier de toutes les femmes. Je ne compte plus le nombre de femmes sur les réseaux sociaux qui critiquent les autres, comme leurs ancêtres avant elles, car elles sont « de bonnes mères et ne vivent que pour leurs enfants ». Et combien de personnes voient encore mal le fait qu’un homme devienne homme au foyer car il a envie de s’occuper plus de ses enfants ? Tout ceci sans entrer dans les débats de fertilisation et d’avortement.

Ce livre est aisément accessible dans son écriture. Elisabeth Badinter possède une belle plume qui vous entraîne dans cette grande histoire de l’instinct maternel. Il se dévore en quelques jours/heures.

Prenez un plaid et une boisson chaude au coin du feu et, n’hésitez pas à lire « L’amour en plus » d’Elisabeth Badinter.

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A few days before Valentine’s Day, love is in the spotlight. There is one type of love that we never doubt, as it seems so self-evident, motherly love. However, when we look at the history of our modern societies, we observe more of a social construct. Today, I would like to present « L’amour en plus » by Elisabeth Badinter.

When you address this book, you don’t take it in common hands like any other. Once again, we are faced with a scientific work of research. As a philosopher, Elisabeth Badinter asked herself the question of the instinctive character of this famous maternal instinct. To do so, she consulted historical sources. Nevertheless, not being a historian, as she explains in the preface, she was not familiar with all the subtleties of the different eras.

When we know the limits of this book, it remains very interesting for our knowledge of past customs, but also for our own reflection on the definition of mother and woman. The book questions the family ties in the 17th, 18th, 19th and 20th centuries of Western European societies. Elisabeth Badinter offers us this chronology, from the child who was frowned upon by his parents, through the precious (groups of women cultivated during the Enlightenment) who preferred to learn rather than to look after their descendants, to the mother’s return to the centre of the family until our days when attempts are made to put the man back at the centre of the home, on an equal footing with the woman.

It is by virtue of this « good nature » that we issue the following syllogism: since the species survives and maternal love is necessary for this survival, maternal love necessarily exists.

Elisabeth Badinter, « L’amour en plus », translate by Dreamy&Wonder Flavor

What I find striking in this quotation is the fact that at that time there was a lack of manpower at the population level to go to war (as well as the fear of the precious ones) it was realised that most of the children died because of poor hygiene among the nannies. Women were therefore encouraged to keep their children and raise them. To this end, doctors in particular, glorified the image of the good mother, which gradually became a female attribute. Tensions began to exist between those who claimed to be good mothers and the others (those who did not want children or had other goals in life).

It is funny, in the 21st century, to realise that many men and women still think in this way. I can’t count the number of times that friends tell me that society puts pressure on them to have children under the guise of « it’s the most beautiful thing in the world »; as if it were all women’s primary life goal. I can’t count the number of women on social networks who criticise others, like their ancestors before them, because they are « good mothers and live only for their children ». And how many people still see it as wrong for a man to become a househusband because he wants to take more care of his children? All this without getting into the debates about fertilization and abortion.

This book is easily accessible in its writing. Elisabeth Badinter has a beautiful pen that takes you into this great story of maternal instinct. It devours itself in a few days/hours.

Take a blanket and a hot drink by the fire and, don’t hesitate to read « L’amour en plus » by Elisabeth Badinter.

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