#6 Virginie Girot, « Agrippine »

{English version below}

Note : 4.5 sur 5.

Agrippine, la femme la plus puissante de son temps. Femme, arrière-petite-fille, sœur, nièce et mère d’empereur, elle est un personnage fantasmé à travers les époques. Son fils, Néron, fut celui grâce à qui son nom entra dans la postérité comme la mère d’un monstre. Mais qui est réellement Agrippine ?

Après avoir lu « Les femmes et le sexe dans la Rome Antique » de Virginie Girot (avis ici) qui portait sur la représentation de la femme sous les julio-claudiens, c’est tout naturellement que je me suis tournée vers « Agrippine », digne représentante de cette famille et de cette époque.

On y découvre la vie d’Agrippine ainsi que le poids qu’aurait eu ses ancêtres dans la formation de son caractère. On y découvre une femme plus humaine que l’on imagine. Une femme qui a usé de ce qui était mis à disposition pour se dresser à l’égale des hommes et qui a réussi à se faire une place de choix à la tête de l’Empire Romain en portant le titre d’Augusta. Venant d’une grande lignée, elle va réussir à faire accepter son fils comme digne descendant d’Auguste. L’une des originalités du livre est qu’il propose également une analyse des différentes représentations contemporaines de cette grande dame.

Avec ce livre, nous sommes à nouveau face à un travail historique et non à un roman. C’est encore une fois un très bon travail qui nous est présenté. L’autrice ne se contente pas d’affirmer certains points, elle propose un regard critique sur les différents auteurs latins, à savoir Suétone, Tacite et Dion Cassius. En effet, ils portent un regard très sombre sur une femme dont ils n’étaient pas contemporains. Ils se sont basés sur des écrits et des ouï-dire concernant Néron. La plupart de ces sources étant anti-néroniennes à l’époque, il convient de prendre leurs dires avec des pincettes. Cependant, ils ont pu également consulter les mémoires d’Agrippine malheureusement disparues à ce jour.

La force de ce travail réside dans l’écriture. En effet, la plume légère de Virginie Girot nous permet d’appréhender le livre comme un roman. L’histoire d’Agrippine nous est contée à la manière presque d’un héros tragique. Tout en restant fidèle à un travail historique, l’historienne arrive à transporter le lecteur. Il est facile d’accès tant à un public novice qu’initié. Cependant, quelques termes techniques ne sont pas expliqués mais cela n’empêche pas la compréhension du texte. Ce livre comportant environ 230 pages se dévore en quelques heures, voire en quelques jours.

Partez à la découverte d’une des plus grandes descendantes de l’empereur Auguste!

Pour aller plus loin:

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[ENG]

Agrippina, the most powerful woman of her time. Wife, great-granddaughter, sister, niece and mother of an emperor, she is a fantasized character through the ages. Her son, Nero, was the one through whom her name entered in the posterity as the mother of a monster. But who is really Agrippina?

After having read « Les femmes et le sexe dans la Rome Antique »(Women and Sex in Ancient Rome) by Virginie Girot (review here), which dealt with the representation of women under the Julio-Claudians, it is quite natural that I turned to « Agrippina », a worthy representative of this family and of this era.

Here we discover the life of Agrippina as well as the weight that her ancestors would have had in the formation of her character. We discover a woman more human than we imagine. A woman who used what was made available to her to stand on an equal footing with men and who succeeded in making a place for herself at the head of the Roman Empire by bearing the title of Augusta. Coming from a great lineage, she succeeded in having her son accepted as a worthy descendant of Augustus. One of the originalities of the book is that it also offers an analysis of the different contemporary representations of this great lady.

With this book, we are once again facing a historical work and not a novel. It is once again a very good work that is presented to us. The author does not limit herself to asserting certain points, she offers a critical look at the different Latin authors, namely Suetonius, Tacitus and Dion Cassius. Indeed, they take a very dark look at a woman of whom they were not contemporaries. They based their work on writings and hearsay about Nero. As most of these sources were anti-Neronian at the time, it is advisable to take their statements with tweezers. However, they were also able to consult Agrippina’s memoirs, which have unfortunately disappeared to this day.

The strength of this work lies in the writing. Indeed, Virginie Girot’s light pen allows us to apprehend the book as a novel. The story of Agrippina is told almost like a tragic hero. While remaining faithful to a historical work, the historian manages to transport the reader. It is easily accessible to both a novice and an initiated public. However, some technical terms are not explained, but this does not prevent the understanding of the text. The book is about 230 pages long and can be devoured in a few hours or even days.

Discover one of the greatest descendants of Emperor Augustus!

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