#5 Lylian, Vessillier,Grosjean, « Blanche Neige » (Snow White)

{English version below}

Note : 4 sur 5.

Elle avait les cheveux noirs comme l’ébène, une peau blanche comme la neige et des lèvres rouges comme le sang. Son nom ? Blanche Neige ! Dans cette version sous forme de bande dessiné, oubliez la douce histoire de Disney et entrez dans l’univers des frères Grimm.

Sorti tout droit d’un vieux conte allemand (et d’autres pays d’Europe) publié par les frères Grimm en 1812, Blanche Neige a subi plusieurs adaptations au fil du temps. Disney en fera son premier film d’animation en couleur en 1937 et le propulsera comme version la plus populaire auprès du grand public. C’est ainsi que la version originale, plus sombre, a été un peu mise à l’écart.

Lylian, Vessillier et Grosjean ont publié en 2016 « Blanche Neige » aux éditions Delcourt. Cette bande dessinée donne une nouvelle vie à cette histoire contée en concordance avec la narration des frères Grimm. Plongée dans un décor féerique, cette œuvre nous propose une nouvelle interprétation de ce monde imaginé il y a plus de deux siècles.

La narration adopte un langage soutenu et compréhensible tel qu’on l’utiliserait pour un roman rompant avec ce langage plus « quotidien » que l’on retrouve dans la plupart des bandes dessinées. Le rythme donné laisse le temps au lecteur de s’immerger dans chaque phase de l’histoire, du passé rêveur de la Reine au mariage de Blanche Neige en passant par le remariage de son père, la tentative d’assassinat par sa belle-mère et sa rencontre avec les nains.

Les dessins nous plongent dans un univers féerique, situé dans un monde lointain. Les décors sont beaux et oniriques. Bien que représentants un sombre conte, cette recherche dans le dessin ne donne pas un côté gore ni d’horreur à l’histoire. Au contraire, il l’adoucit subtilement et le rend accessible à tous. Il est également intéressant de souligner la concordance au niveau de la taille de Blanche Neige (jeune enfant de 10-11 ans) et celle des nains qui est plus réaliste que l’image qu’en a donné Disney.

Le personnage de la belle-mère de Blanche Neige est également important et bien travaillé. Elle en est tellement bien faite qu’elle vole la vedette à l’héroïne, qui en tant que jeune enfant inconsciente ne semble pas posséder plus d’attribut que l’innocence. Ce dernier contrebalance avec l’image archétypale de cette belle-mère ambitieuse et vaniteuse. Cette femme est belle et elle le sait. Son charme l’a aidé à devenir Reine et être la première dans le cœur de son mari, le poussant à lui offrir tout ce qu’elle désire. Néanmoins, sa soif de beauté va la rendre littéralement malade. Au-delà du fait qu’elle tente d’éliminer sa belle-fille devenant une rude concurrente, elle est constamment insatisfaite. En interrogeant son miroir, elle ne fait qu’interroger ses doutes. Son mal-être la pousse à commettre le pire et à se faire du mal. Ce personnage si bien dépeint nous pousse à la réflexion. Aujourd’hui, nous nous demandons comment des femmes et des hommes peuvent se faire tant de mal en passant plusieurs fois par la chirurgie esthétique. Leur recherche de la beauté est insatiable. Ne devons-nous pas voir dans cette écriture le mal psychologique dont souffrent ces personnes dont le physique est plus important que tout au monde ? Il est aussi intéressant de noter que l’esprit habitant le miroir ressemble étrangement à la Reine… N’est-ce pas là le signe que seul notre jugement se reflète dans le miroir ?  

Cette bande dessinée permet de découvrir ou de redécouvrir Blanche Neige autant pour les petits que pour les grands. Plongez dans ce monde magnifique le temps de quelques heures et laissez-vous entraîner loin de ce confinement !

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[ENG]

She had ebony-black hair, snow-white skin and blood-red lips. What was her name? Snow White! In this comic book version, forget the sweet Disney story and enter the world of the Grimm brothers.

Straight out of an old German tale (and from other countries in Europe) published by the Grimm brothers in 1812, Snow White has undergone several adaptations over the years. Disney made its first colour animated film in 1937 and propelled it as the most popular version with the general public. The original, darker version was somewhat sidelined.

Lylian, Vessillier and Grosjean published « Snow White », a French comic book, in 2016 by Delcourt. This comic book gives new life to this story told in accordance with the Grimm brothers’ narrative. Immersed in a fairy-tale setting, this work offers us a new interpretation of a world imagined more than two centuries ago.

The narration adopts a sustained and comprehensible language as one would use in a novel breaking with the more « everyday » language found in most comic strips. The rhythm that is given allows the reader to immerse himself in each phase of the story, from the Queen’s dreamy past to Snow White’s marriage, her father’s remarriage, her stepmother’s assassination attempt and her encounter with dwarves.

The drawings plunge us into a fairy-tale world as if located in a faraway land. The sets are beautiful and dreamlike. Although representing a dark tale, this research in the drawing does not give a gory or horror side to the story. On the contrary, it subtly softens it and makes it accessible to all. It is also interesting to note the concordance in the size of Snow White (a young child of 10-11 years old) and the dwarves, which is more realistic than the image Disney gave of them.

The character of Snow White’s stepmother is also important and well worked out. She is so well done that she steals the show from the heroine, who as an unconscious young child seems to have no more attributes than innocence. The latter counterbalances the archetypal image of this ambitious and conceited stepmother. This woman is beautiful and she knows it. Her beauty helped her to become Queen and to be the first in her husband’s heart, pushing him to offer her what she desires. Nevertheless, her thirst for beauty will literally make her sick. Beyond the fact that she is trying to eliminate her stepdaughter who is becoming a tough competitor, she is constantly dissatisfied. By questioning her mirror, she is only questioning her doubts. Her malaise pushes her to commit the worst and to hurt herself. This character, so well portrayed, makes us think. Today, we wonder how women and men can do so much harm to themselves by going through plastic surgery several times. Their search for beauty is insatiable. Shouldn’t we see in this writing the psychological harm suffered by these people whose physical appearance is more important than anything else in the world? It is also interesting to note that the spirit inhabiting the mirror strangely resembles the Queen… Isn’t this a sign that only our judgment is reflected in the mirror? 

This comic book allows children and adults alike to discover or rediscover Snow White. Immerse yourself in this magnificent world for a few hours and let yourself be carried away from this quarentine!

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